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forêt

 L'utilisation des alertes GLAD a permis de réduire de 18 % la déforestation dans les forêts africaines surveillées.

Que ce soit de la part des gardes forestiers en Ouganda, des groupes de la société civile à Madagascar, de la police environnementale au Brésil ou des communautés indigènes au Pérou, nous disposons depuis des années de preuves anecdotiques qu'une meilleure transparence des données est essentielle pour réduire la déforestation. Aujourd'hui, la recherche apporte des preuves empiriques à cette affirmation. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de Global Forest Watch (GFW), de l'Université du Maryland, de l'Université d'État de l'Oregon et de l'Université du Wisconsin a examiné les taux de déforestation dans les régions d'Afrique centrale où les forêts étaient activement surveillées à l'aide de données satellitaires, et a constaté que la surveillance active réduisait la déforestation de 18 %.

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Ces résultats confirment la théorie selon laquelle lorsque les surveillants et les décideurs ont accès à des informations crédibles et opportunes sur l'évolution des forêts, ils sont mieux à même d'intervenir pour empêcher la poursuite de la déforestation.


La surveillance active décourage la déforestation

L'étude a appliqué une analyse économétrique aux zones surveillées par la plateforme GFW afin de tester deux hypothèses. La première était que la disponibilité d'alertes de déforestation en temps quasi réel (alertes GLAD) par le biais de la plateforme GFW ferait baisser les taux de déforestation nationaux dans les pays où elles sont disponibles. Lorsque les pays qui ont eu un accès précoce aux alertes GLAD ont été comparés à ceux qui y ont eu accès plus tard, aucune différence significative n'a été trouvée entre les deux.


La deuxième hypothèse demandait si l'utilisation active des alertes approximée par l'utilisation du système d'abonnement MyGFW, affecterait la déforestation dans les zones surveillées. Lorsque cette analyse a été menée pour les régions d'Afrique centrale, les résultats ont révélé une baisse de 18% de la déforestation pour les zones de surveillance active. Dans la zone d'étude, l'utilisation de GFW a permis d'éviter la déforestation de 50 000 hectares (495,27 kilomètres carrés) par an, soit une superficie équivalente à trois fois la taille de Washington DC.  L'étude a été conçue pour trouver l'effet minimum possible des alertes, ce qui signifie que l'impact réel est probablement encore plus important.


En moyenne, sous les tropiques, la surveillance a contribué à réduire la déforestation, mais l'Afrique centrale est la seule région où les résultats sont statistiquement significatifs. Les résultats en Afrique sont très probablement les plus forts en raison du manque d'autres options de surveillance des forêts, les alertes GLAD ont été l'une des premières, et restent l'une des rares, technologies de surveillance pour la région. Dans d'autres régions comme l'Amérique du Sud, d'autres plateformes de surveillance ont pu réduire le signal de la plateforme GFW dans les données. En Asie, l'utilisation de GFW est peut-être encore trop limitée pour détecter un impact.


Les systèmes de surveillance sont un complément à une politique forte

L'étude a également révélé que la diminution de la déforestation était plus importante dans les zones protégées et les concessions. Cela suggère que les alertes GLAD sont particulièrement efficaces pour faire respecter les politiques existantes en matière de déforestation, ce qui renforce l'idée que les données seules ne suffisent pas. L'intégration de politiques fortes et de systèmes de surveillance fiables peut constituer une étape essentielle vers une réduction mesurable de la déforestation.


Bien sûr, il est plus probable que les gens surveillent les changements forestiers dans des zones où la déforestation est susceptible de se produire, en particulier dans des endroits comme les zones protégées, de sorte que la séparation de ce type de "surveillance des points chauds" de la "surveillance dans l'intention d'agir" était essentielle pour comprendre comment les données jouent un rôle dans la réduction de la déforestation. C'est pourquoi les utilisateurs ont été séparés en fonction du rôle qu'ils ont décrit eux-mêmes, qu'il s'agisse d'un chercheur, d'un garde-forestier ou d'une autre personne abonnée aux alertes de déforestation via MyGFW et seuls les utilisateurs considérés comme surveillant "avec l'intention" ont été inclus dans l'étude.


D'autres facteurs qui influencent la déforestation, comme l'altitude, le type de sol, la distance aux routes ou aux ports et les tendances macroéconomiques ont été contrôlés afin d'isoler les effets de la surveillance sur la déforestation. D'autres recherches pourront améliorer cette méthodologie afin d'évaluer l'impact d'autres outils de surveillance, comme GFW Pro.


Pendant des années, les personnes en première ligne de la disparition des forêts se sont appuyées sur des données transparentes pour lutter contre la déforestation. Cette recherche montre que des outils comme GFW peuvent faire la différence lorsqu'ils sont correctement mis en œuvre. Elle montre surtout que des données fiables et actualisées sur l'évolution des forêts constituent une arme essentielle dans la lutte contre la déforestation.



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